Education au cinéma et nouveaux médias

Education au cinéma et nouveaux médias

Michel Clarembeaux
Centre Audiovisuel Liège

En guise d’introduction à mon propos, il ne me semble pas inutile de redéfinir les deux concepts qui correspondent aux objets de l’intervention : éducation au cinéma, nouveaux médias. Il sera ensuite plus simple de percevoir les vrais enjeux, les limites aussi de leur convergence.

L’EDUCATION AU CINEMA, à nos yeux, repose sur trois fondements complémentaires, voire indissociables : voir des films, les analyser, en réaliser.

Eduquer au cinéma consiste d’abord à découvrir des films, à les voir dans des conditions pas trop mauvaises, en essayant de construire un échantillonnage aussi significatif que possible d’œuvres importantes. Dans cette optique, une œuvre importante ce n’est pas nécessairement la « Jeanne d’Arc » de Dreyer ou « Le Cuirassé Potemkine » d’Eisenstein, même si les grands classiques apparaissent, tôt ou tard, comme des passages obligés d’une politique d’initiation à l’image animée. Mais peut-être vaut-il mieux y penser plus tard, en privilégiant, dans un premier temps, des films charnières, qui jettent des ponts entre le patrimoine cinématographique et le tout-venant des images que les jeunes côtoient quotidiennement sur leurs écrans. Eduquer au cinéma, ce serait donc établir des filiations et en quelque sorte aider à comprendre que les images, les procédés narratifs, le point de vue, adoptés dans 24 Heures chrono, dans Lost ou dans tel docu-fiction, ne sont pas le fruit du hasard. Faire percevoir non seulement, que tel cadrage ou tel élément de la bande son, donne du sens à l’image, mais aussi que ces éléments de langage sont le résultat d’une existence antérieure, ou si vous préférez, d’une tradition.

Mais ici, nous sommes déjà dans une forme de questionnement, de réflexion, d’analyse de l’œuvre ou de l’extrait choisi, qui doit sous-tendre et alimenter tout visionnement. Analyser est l’étape qui doit permettre de prendre le recul nécessaire par rapport à une vision globale, syncrétique, du film ou de l’extrait. C’est aller à la recherche du « pourquoi » et du « comment » C’est faire le tri, identifier les premières émotions et les mettre en perspective pour comprendre, comprendre mieux, et exercer alors une forme de discernement. C’est une démarche qui devrait rejeter tout formalisme, mais permettre de faire la part des choses, entre le point de vue de la réalisation et ma sensibilité, mon approche du thème traité et de sa mise en forme.

Cette analyse devrait aboutir aussi à une conceptualisation de l’œuvre, qui la situerait par rapport à un genre, à une production nationale, ou à un engagement social ou politique.

L’analyse devrait aussi permettre d’aborder le film comme un objet médiatique, un produit de communication audiovisuelle, qui obéit à certaines règles et dont l’existence est fonction de paramètres autres que la seule création artistique ou les intentions esthétiques.

Le troisième fondement de l’éducation au cinéma : réaliser, favoriser l’accès à la réalisation. C’est Jean Renoir qui disait que pour aimer un film, il faut être cinéaste en puissance. « Il faut soi-même faire des films, peut-être seulement dans son imagination, mais il faut les faire, sinon on n’est pas digne d’aller au cinéma » (entretien et propos, Cahiers du Cinéma, 1979). Et c’est vrai qu’entre une analyse ouverte, créative, comme dirait Bergala, et l’acte cinématographique, il n’y a qu’un pas. Et nous verrons qu’il devient de plus en plus simple à franchir, avec les nouveaux médias notamment. Favoriser chez les jeunes une « prise d’image », comme on dit « une prise de parole », est essentielle. Les amener à penser en images et sons, à construire en images et sons, à s’exprimer et communiquer en images et sons, est aujourd’hui indispensable.

C’est évidemment tout un apprentissage, qu’il importe de faciliter pour qu’il n’aille pas se heurter à des obstacles qu’en tant qu’éducateurs nous pouvons leur éviter : accès au matériel, organisation de plages disponibles pour l’écriture, le repérage, le tournage, le montage et la présentation du document réalisé.

Ce travail résulte, en définitive, très logiquement d’un va-et-vient entre un film vu et analysé, et une création autonome d’un produit, sans qu’il y ait pour autant de rapport d’asservissement à un prétendu modèle.

Trois fondements, devenus indissociables, parce que se nourrissant mutuellement. Trois axes qui ont tous les trois subi de profondes mutations avec l’évolution technologique de ces dix dernières années. Trois axes qu’il nous faut aujourd’hui revisiter si nous voulons leur garder leur cohérence, si nous voulons qu’ils soient intégrés efficacement et harmonieusement aux pratiques médiatiques actuelles des jeunes.

Précisons peut-être maintenant ce que nous entendons, dans ce contexte, par NOUVEAUX MEDIAS. Selon Wikipédia, il s’agit bien du produit de technologies de communication médiatique liées à l’éclosion du numérique. Concrètement, nous rencontrons donc Internet et le World Wide Web, la télévision et le cinéma numériques, le PC (personal computer), les DVD et CD, les MP3 et apparentés, les téléphones mobiles et leurs extensions, les jeux vidéo et autres consoles, où la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle se donnent rendez-vous. Bref, un ensemble de dispositifs qui forment tout un environnement d’acquisition de connaissances, d’apprentissages et de pratiques communicationnelles. Ceci inclut bien évidemment l’usage de logiciels - aujourd’hui abordables techniquement et financièrement - des logiciels de création, retouche et manipulation d’images fixes et/ou animées ainsi que de publication assistée par ordinateur. Nous savons combien ces nouveaux médias sont à la fois plus abordables et performants que les technologies analogiques, tant du point de vue des transferts, que du stockage, de l’accès ou de la circulation, du peu de déperdition de la qualité, de la rapidité de transmission.

Mais, ce qui dépasse en importance ces performances, c’est l’émergence d’une nouvelle culture et d’une nouvelle relation entre utilisateur et média. Et là, nous sommes déjà au cœur de notre problématique. Qu’est-ce que ces nouveaux médias apportent à l’éducation au cinéma et comment les jeunes réagissent-ils au travers de ces nouveaux médias à une forme - inévitablement renouvelée - d’éducation au cinéma ? Nous savons déjà que beaucoup d’entre eux sont fascinés par la nouveauté technologique, le côté ludique qu’elle implique, les « valeurs » qu’elle peut offrir, d’affirmation d’identité, de reconnaissance et de valorisation auprès des pairs, d’appartenance à une communauté ou à une tribu. Nous savons que l’espace numérique est souvent un espace de convivialité, de rencontre, mais qu’il peut être aussi synonyme de dispersion, de zapping compulsif, de relation fusionnelle, avec tous les dangers d’une telle relation.

Il nous appartient donc de voir maintenant quelle convergence construire, quelle rencontre proposer entre, d’une part, l’horizon d’attente de « notre » éducation au cinéma et, d’autre part, l’offre de services des nouveaux médias.

Il n’est pas non plus inutile, avant d’essayer de répondre à la question, d’évoquer très brièvement l’évolution de l’éducation au cinéma au cours de ces 50 dernières années. Mais, rassurez-vous, ce sera plus que synthétique.

Dans les années 60/70, il y avait pratiquement dans toutes les écoles secondaires et dans les instituts de formation des maîtres un ciné-club scolaire (travaillant en 16 mm, très rarement en 35) et il y avait une volonté de proposer aux élèves une programmation de 12 ou 15 films, comprenant des classiques et des œuvres des nouvelles vagues, du free cinema, du cinéma américain indépendant.

Disparition de ces ciné-clubs dans les années 90. Il y a de moins en moins de nouveaux tirages en 16 et les projecteurs sont à bout de souffle. La vidéoprojection, que nous connaissons aujourd’hui, n’est pas encore opérationnelle.

Début des années 2000, c’est l’explosion des éditions en DVD. Cela veut dire que chacun peut se constituer, non pas sa cinémathèque personnelle, mais découvrir à la fois les nouveautés et les films du patrimoine. Dans certains pays - en Belgique notamment (2005) - la loi d’exception pédagogique autorise l’enseignant à projeter, en tout ou en partie, des films dans sa classe devant ses élèves. La souplesse d’accès d’un DVD, la qualité actuelle d’un dispositif de vidéoprojection, permettent une projection de qualité, un travail d’analyse précis, on en arrive progressivement à une quasi équivalence avec la salle de cinéma.

Parallèlement, des dispositifs comme Ecole et Cinéma, Matinées Cinématographiques, Collège et Cinéma, Lycéens au Cinéma, développent leurs activités, mais il est clair qu’on peut difficilement s’en contenter et que l’enseignant doit pouvoir palier les problèmes posés par ces dispositifs. Il a d’ailleurs maintenant à sa portée des modules de formation continuée, des outils et ressources, qui devraient pouvoir l’aider à mener à bien les trois axes d’éducation au cinéma évoqués plus haut.

Avec le DVD, nous sommes déjà en plein dans les nouveaux médias. Voyons d’autres apports à prendre en compte. Si la dévédéthèque de classe a le mérite de proposer un premier tri et peut-être un échantillonnage significatif, reste alors la cinémathèque virtuelle de la toile et ses innombrables possibilités. Sachant, en outre, que près de 45 % des 18-24 déclarent regarder films et vidéos en ligne, sachant que 25 % les téléchargent.

Car le cinéma avait déjà pris l’habitude de se passer de la salle obscure pour être diffusé par réseau hertzien sur le petit écran de la TV ; il passe maintenant sur le net et s’y démultiplie.

Mais cette inflation de produits et le zapping qui l’accompagne correspondent souvent d’après Bergala (Hypothèse Cinéma p.71) à « une volonté de mouvement, de vitesse, de changement perpétuel et non à un désir d’objet » sur lequel se fixer durablement. « Plus que jamais, disait Simone Weil, l’enseignant ne devrait avoir pour fin que de préparer la possibilité d’une certaine application à l’objet de la plénitude de l’attention » (La pesanteur et la grâce. 1988). La plénitude de l’attention… devient effectivement désormais la seule possibilité de s’arrêter, de se poser des questions, de prendre une position critique, mais aussi d’apprécier un film, comme un bon vin, comme une soirée d’automne… Multitude d’opportunités de découvertes, mais pour découvrir, il faut s’en donner le temps et cela s’apprend.

En termes de ressources, il y a aussi un ensemble d’outils qui se dégagent. Sur le Net, bien sûr des sites dédiés à une réalisation, à une série, à un auteur. Des magazines en ligne comme Ecran Noir, des bases de données comme Internet Movie Database, All Movie Guide, permettent d’entamer une recherche. Des sites proposent l’accès à des œuvres sauvegardées par diverses archives européennes comme European Film Treasures. Mais il nous semble important d’avoir le cadrage théorique nécessaire pour s’orienter efficacement et pour pouvoir hiérarchiser ses découvertes.

N’oublions pas aussi que des collections de DVD sont diffusées dans le grand public ou le public scolaire, qui précisément permettent de baliser les itinéraires de découverte et donner les références nécessaires. Je pense à une collection comme les Petits Cahiers (Sceren/CNDP/Cahiers du Cinéma), aux DVD qui y sont associés et orientent vers l’analyse. Je pense aussi à des organes de presse écrite comme Le Monde, qui diffuse à un large public (et à un prix raisonnable, 10 €) sa collection d’une trentaine de DVD de films emblématiques de l’histoire du cinéma, chacun étant accompagné d’une monographie sur son auteur.

L’éducation au cinéma, sur ce plan, devrait pouvoir dresser des répertoires de ces outils. Le BFI s’y attache notamment dans Screenonline, et une série d’autres ressources, le CNC en France également. C’est donc la profusion qui règne ici. Chacun pouvant y trouver un point d’entrée qui l’intéresse, chacun ayant tôt ou tard besoin de synthèses pour pouvoir exploiter au mieux cet ensemble d’informations assez dispersé.

Il y a aussi tous les forums d’échanges d’impressions ou de jugements sur les films ou les séries. Ici aussi : à boire et à manger. Si l’on va sur un forum généraliste comme Cyberados, on risque d’être assez déçu par des coups de cœur, des rejets épidermiques, des jugements à l’emporte pièce, qui ne sont pas étayés par une quelconque argumentation. Si, par contre, on choisit un forum comme celui de 24 Heures, on se trouve en face d’un tout autre niveau d’approche et de lecture portant sur l’évolution de l’intrigue, les variations du fil narratif, la temporalité, les fonctions dramatiques. Tout un questionnement se met en place parmi les fans sur les intentions des scénaristes, l’adhésion ou le rejet des valeurs. Voici incontestablement une sensibilisation à l’analyse, une vraie mise en perspective, telle qu’on n’en obtient pas nécessairement en mettant en place des modèles plus scolaires ou plus formels.

Voir des films avec les nouveaux médias, les analyser,… Voyons maintenant l’ apport de ces nouveaux médias dans la réalisation. C’est probablement dans ce domaine que l’explosion suscitée est la plus spectaculaire et la plus intéressante.

Qu’on se souvienne du 8 mm, du Super 8 ensuite, du coût de la pellicule, des problèmes d’éclairage, des opérations fastidieuses et aléatoires de montage. C’était la préhistoire. Qu’on pense au passage au VHS, V8, High 8, Super VHS. On est en progrès de souplesse et de prix. Mais la DV avec son premier codage numérique de l’image, nous arrive en 1995. Elle est aujourd’hui accessible dans son modèle de base à 250€ en grande surface. Cela veut dire un cinéma extrêmement économique avec des logiciels de montage, tout à fait abordables, qui favorise un circuit complet d’auto-production, de l’écriture à la diffusion.

Pour rappel aussi, les options cinéma en Lycée ou en Faculté sont équipées en tout numérique (mini DV et montage sur Final Cut Pro). Le fossé technologique s’efface entre l’amateur individuel et la collectivité, qui aspire au semi-pro. Il s’efface aussi entre cinéma et vidéo ; l’évolution technologique constante du numérique aboutit à une convergence des deux, en termes de prise de vue, de montage ou de projection. Tout comme s’efface aussi, partiellement bien sûr, la cassure qu’il y avait autrefois entre un débutant et un professionnel. Il y a, en tout cas aujourd’hui, une continuité qui peut se construire, se programmer. On voit immédiatement quelle motivation ceci peut signifier pour nos jeunes.

D’autant que la mini DV se prête particulièrement bien à l’introspection, au journal intime, au reportage en direct, au documentaire de création. L’autodidacte du court métrage ne doit plus craindre le ridicule. Ceci nous paraît essentiel pour déclencher le passage à l’acte de réalisation avec des jeunes qui vont pouvoir inscrire cet acte dans une culture qui leur est quotidienne, et peut éveiller une passion pour l’image et lui donner une forme de légitimation. La réalisation, qu’elle soit individuelle ou collective, s’intègre bien à une logique sociale d’échange participatif et à une pratique de l’expression/communication et de l’autopublication. Et ça se fera sur un blog à côté des productions textuelles, visuelles ou sonores, ou sur un des nombreux réseaux sociaux qui vont pouvoir donner visibilité à la production et susciter le feed-back espéré.

Ce nouveau contexte, technologique certes, mais surtout indissociable d’enjeux de psychologie sociale propre à l’environnement du jeune est, pour nous, la différence essentielle par rapport à ce qui s’est passé jusqu’à présent avec des réalisations de vidéogrammes dans le cadre d’un dispositif scolaire ou associatif. La possible banalisation remplace l’activité, relativement artificielle d’un exercice de style ou simplement d’une tâche intégrée à une vague pédagogie du projet, sachant que dans la majorité des cas le projet était celui d’un enseignant ou d’un animateur culturel, et non celui du groupe lui-même ou de l’individu.

Mais si l’on évoque cette banalisation, on ne peut évidemment s’en tenir à la seule mini DV, mais envisager aussi d’autres objets beaucoup moins performants certes, mais beaucoup plus quotidiens, la webcam ou le téléphone mobile, qui a acquis ses lettres de noblesse en la matière, puisque les festivals de Pocket Films ont tendance à se multiplier. Il est vrai que le mobile joint un aspect ludique et un côté « détournement » de fonction, on utilise son gsm non pas pour téléphoner mais pour faire de la prise de vue. Les connexions qui sont mises en place avec le cellulaire laissent augurer, par ailleurs, des performances prometteuses. Certains prétendent même que le g nous renvoit aux premiers essais des Frères Lumière. En tout cas, il possède en lui les germes de l’expérimentation et même le festival de Berlin a prévu une section spéciale pour ces productions. Retour au cinéma des origines, caméra œil, caméra stylo… Quoi qu’il en soit, des perspectives qui ne peuvent laisser indifférente l’éducation au cinéma, même si, disent les esprits chagrin, tout ceci est à peine scénarisé, même si ça accentue encore la porosité entre sphère privée et sphère publique, même si on n’est pas loin de la « bedroom culture » évoquée par Sonia Livingstone. Nous y voyons un enjeu important pour l’éducation au cinéma, car le portable déclenche des comportements de prise d’image et de communication qu’on ne peut-sous estimer, d’autant qu’il va de pair avec la mise en place de plateformes Internet pour présenter, diffuser, échanger, ou de connexions avec la TV hertzienne pour un passage en direct ou un archivage.

On se rend compte immédiatement qu’entre la mini DV et le cellulaire il y a - pour l’instant - une fracture technologique. On prend conscience aussi qu’au-delà des exigences de qualité il y a des pratiques différentes. Il y a des complémentarités à mettre en place, des transferts de motivation, une progression dans les objectifs, dans l’élaboration des contenus et dans leur mise en forme.

C’est dans cette progression que doit notamment se positionner l’éducation au cinéma, comme elle doit le faire dans la complémentarité salle de cinéma, salle de classe, Internet au plan de la réception, ou dans la complémentarité et la continuité entre les pratiques de réception et celles d’émission (de réalisation et de diffusion). Car ces pratiques forment un seul et même flux.

Nous pensons aussi - et nous en terminerons par là - que l’éducation au cinéma est à l’image de l’éducation aux médias dans son ensemble. Cette réversibilité émetteur/récepteur est au cœur de la problématique. Ce n’est plus tellement le produit qui importe mais la relation à l’écran, cette relation est devenue plus importante que ce que nous voyons ou entendons. Et cette relation est probablement plus communicationnelle que créative, généralement plus individuelle que collective, plus intuitive et ludique que systématique ou systémique. Cette communauté virtuelle que nos jeunes construisent avec des compétences médiatiques nouvelles, n’a peut-être plus grand-chose à voir avec le modèle Masterman, qui a guidé beaucoup d’entre nous jusqu’à présent. Il faut que nous nous en souvenions.

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